Le petit-déjeuner est le repas où l’on abandonne le plus vite. Il n’y a pas de pain, donc il n’y a rien, et la journée commence par quelque chose acheté dans une gare. En pratique, une cuisine presque vide contient plusieurs petits-déjeuners, et la plupart prennent moins de temps que la file d’attente.
S’il y a un œuf
Poêlé jusqu’à ce que les bords croustillent, sur n’importe quoi : du riz, les pommes de terre d’hier, une tranche de pain, un reste de légumes. Un œuf au plat transforme presque n’importe quoi de froid en repas. Ou brouillé lentement avec le bout de fromage qui traîne. Ou dur, salé, mangé avec du pain et une tomate. L’œuf est la chose la plus utile d’une cuisine vide.
S’il y a du pain, même rassis
Une tartine à l’huile et au sel est un vrai petit-déjeuner, surtout avec une tomate écrasée dessus. Une tartine avec ce qu’il y a dans le frigo par-dessus l’est encore plus. Le pain rassis fait du pain perdu avec un œuf et un peu de lait, ce qui est le meilleur usage possible pour la fin d’une miche et prend quatre minutes.
S’il n’y a ni l’un ni l’autre
Le dîner d’hier est le petit-déjeuner. C’est la norme dans une grande partie du monde et cela ne paraît étrange que là où le petit-déjeuner a été défini comme une catégorie d’aliments à part. Riz, légumineuses, soupe, légumes rôtis : tout cela vaut mieux le matin que quelque chose sorti d’un emballage. Sinon : du yaourt avec quelque chose de sucré ou de croquant, des flocons d’avoine cuits à l’eau avec du sel et finis avec le fruit qui ramollit, ou une boîte de haricots sur du pain grillé.
Trois choses qui rendent le petit-déjeuner possible
Des œufs, des flocons d’avoine et du pain congelé. À eux trois, ils couvrent presque tous les matins, coûtent très peu et ne s’abîment pas le temps que vous les oubliiez. Ajoutez un bocal de quelque chose de vif — condiment au vinaigre, piment, confiture — et même le plus nu des trois devient quelque chose dont on a envie.
Décidez la veille, pas à sept heures du matin
Si le petit-déjeuner échoue, c’est qu’il est décidé au pire moment possible par quelqu’un qui est en retard. Trente secondes la veille — faire tremper des flocons, sortir une poêle, trancher du pain congelé — suppriment entièrement la décision. C’est le même principe que garder trois dîners sans décision : le travail n’est pas de cuisiner, il est de choisir, et le choix se fait mieux quand on n’est pas pressé.
Un œuf, une tranche de pain rassis ou le riz d’hier feront un meilleur petit-déjeuner que tout ce qu’on achète en chemin. Gardez œufs, flocons et pain congelé, décidez la veille, et le repas cesse de disparaître.
